Abaji, le talent au service de la musique en Indonésie.

Le musicien Abaji était en tournée en Indonésie, invité par l’Institut français d’Indonésie (Jakarta, Bandung, Yogyakarta et Surabaya). Une rencontre exceptionnelle et rare avec un public sous le charme de la musique orientale.

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Abaji, un musicien "touche-à-tout"

Abaji est né au Liban d’un père arméno-grec de Smyrne et d’une mère arméno-syrienne née à Istanbul... qui se sont rencontrés au Liban, pays de tous les exilés. Il arrive en France en 1976 peu après le début de la guerre et se passionne pour les médecines chinoises : Tai Chi Chuan, Do-in et relaxations dynamiques. Thérapeute, il pratiquera le Tai Chi en milieu psychiatrique pendant sept ans.

Mais la musique est une tradition familiale. Abaji débute la guitare à l’âge de onze ans, suivront d’autres instruments : de la clarinette aux percussions, du oud au bouzouki jusqu’aux flûtes récoltées lors de ses voyages, sans oublier les instruments venus des montagnes de l’ancienne Arménie ou du Pakistan.

La "transformation" d’instruments, comme il l’explique lui-même sur scène devant le public, lui permet de synthétiser ses passions musicales : la musique indienne, la musique orientale et le Blues. Toujours en mouvement et recherche, son jeu de guitare à l’archet fait sensation sur les scènes des festivals.

2009 est une année décisive pour Abaji : de retour au Liban, sur la terre où il a vu le jour, après un exil de trente-trois ans pour son premier concert et la sortie de son cinquième album intitulé « Origine Orients ». Il a également préparé un spectacle avec Nawal Raad, danseuse d’origine libanaise s’inspirant des danses folkloriques orientales dans une approche résolument contemporaine.

JPEG Le voyageur troubadour

Les rencontres musicales ont mené Abaji sur les cinq continents : des Zoulousde Durban en Afrique du Sud aux Indiens du nord du Mexique, des Gnawas du Maroc aux Quawwals de Lahore au Pakistan.

Le bonheur de la musique jouée est de donner du bonheur !

Et après ses spectacles, Abaji aime inviter le public sur scène pour toucher ses instruments, les essayer avec lui, l’interroger sur la manière dont on peut s’en servir.

Abaji aime partager sa passion de la musique, et les histoires qu’il rapporte et qu’il raconte, de ses voyages multiples aux quatre coins du monde, sont autant de petits bouts de notre vie sur cette planète.

Ce Libanais de Paris, multi-instrumentiste, chante dans les cinq langues de sa famille : en français, en arabe, en grec, en turc et en arménien.

Le message de fraternité de l’artiste

Sur scène il n’hésite pas, dès la première chanson, à faire participer le public qui se laisse immédiatement prendre au jeu, donnant à Abaji la possibilité de lui-même jouer avec la salle. Les musiques s’enchaînent, langoureuses, fortes, rythmées, anciennes, contemporaines, faisant surgir des paysages de sable, de montagnes, de rivières, de forêts, des histoires d’hommes et de femmes pris dans les tourments de l’Histoire, et en écho à toutes ces notes, un message délibérément choisi dans le registre de la fraternité et de l’amour.

Abaji fait danser les notes et, grâce à la magie de ses instruments souvent inconnus du public, grâce à sa présence sur scène, incomparable, il donne à voir, il donne à rêver. Abaji est un poète et la musique est l’écrin des vers qu’il dit, qu’il chantonne, qu’il crie et qu’il murmure.

Abaji à la rencontre du public indonésien

JPEG Abaji a enthousiasmé les spectateurs des quatre Instituts français d’Indonésie : à Jakarta, Bandung, Yogyakarta et Surabaya il a séduit par son charisme, sa modestie, son humour, sa relation inouïe avec le public et sa manière de "faire de la musique" avec autant de simplicité.

Dans chacune des villes de Java il a rencontré les artistes locaux, curieux de partager avec eux son expérience, de les écouter jouer et avide de jouer avec eux. A Surabaya il a participé, avec un plaisir non dissimulé, à l’édition annuelle du "Cross Culture Festival" organisé par la Mairie de Surabaya.

La musique comme arme pacifique

JPEG Infatigable troubadour, Abaji encourage les artistes à se servir de la tradition pour aller de l’avant, de faire de leurs instruments une arme pacifique pour essayer de changer le monde, en tout cas de mieux vivre sa vie. Messager de la paix convaincu, il exhorte son public à ne pas se laisser intimider par les discours fallacieux et qui séparent, mais au contraire à mettre en valeur la culture de chacun au service de tous.

En Indonésie en tout cas Abaji aura tracé un sillon profond d’où surgiront certainement de belles moissons !

"Me voilà donc installé au milieu d’une immense pièce, les micros posés autour de mes instruments. Je peux jouer comme je le ressens ! Pas de béquilles, pas de corrections. L’émotion étant le seul but recherché pour raconter mon "Origine Orients", mon amour des déserts et de la Mer Méditerranée, tant d’espaces ayant une racine musicale unique, celle de l’amân, ce râle du sentiment de beauté que les Orientaux aiment pousser quand ils sont touchés par une grâce."

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Cet article est également publié sur le site JPEG

Dernière modification : 16/07/2012

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