Identités, territoires et pratiques agricoles au Timor oriental

L’île de Timor constitue une charnière entre l’Asie du Sud-Est insulaire et l’Océanie. C’est une île originale du fait de sa situation en marge des îles de la Sonde, de la proximité de l’Australie, et de la présence, dans le pays, en plus des Austronésiens, arrivés ils y a environ 4 000 ans des îles plus au nord, de groupes linguistiques relevant d’une composante très ancienne (40 000 ans).

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Village traditionnel de Tunu-Heru, Marobo (Bobonaro)
©IRD/MNHN PALOC 2012

La grande diversité linguistique et l’enclavement des populations conduisent à une situation d’éclatement culturel. S’agissant du Timor oriental, la colonisation portugaise, l’occupation indonésienne, ont bouleversé les repères et motivent, de la part du gouvernement actuel, une demande forte de promotion de l’identité du pays et de ses différentes composantes culturelles.

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Entretien avec les chefs coutumiers du village de Lour (Suai)
©IRD/MNHN PALOC 2012

L’Unité Mixte de Recherche 208 de l’Institut de Recherche pour le Développement et du Muséum National d’Histoire Naturelle qui s’est spécialisée dans l’étude des patrimoines locaux (PALOC) a proposé dans cet esprit un projet de recherche en archéologie et géographie, visant à la connaissance et à la revalorisation des identités et des savoirs locaux.

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Poterie traditionnelle en vente sur marché de Manatuto
©IRD/MNHN PALOC 2012

Ce projet va dans le sens des priorités identifiées par le gouvernement dans le plan stratégique pour le développement du Timor oriental (2011-2030), et en particulier dans le renforcement de l’accès à la culture et la mise en place de centres culturels régionaux.

Il s’organise autour de deux objectifs complémentaires :

1- Caractériser les usages des ressources alimentaires dans différents milieux naturels et culturels (de l’utilisation des plantes locales par les colons anciens aux premières introductions de plantes alimentaires puis aux systèmes horticoles complexes introduits par les Austronésiens jusqu’au système actuel avec ses facettes horticulture/cueillette/riz/commercial) ;

2- Rendre compte des systèmes culturels (comprenant d’un côté les représentations territoriales, d’un autre les systèmes symboliques que l’archéologie analyse) qui nourrissent les constructions foncières, territoriales et identitaires actuelles.

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Paysages de terrasse dans les massifs calcaire du centre de l’île (Baucau)
©IRD/MNHN PALOC 2012

Une première mission sur le terrain du 24 septembre au 12 Octobre 2012, réalisée par Jean-Christophe Galipaud (archéologue), et Dominique Guillaud (géographe), a permis de définir les régions les plus significatives pour l’étude et d’identifier les personnes ressources et les sites les plus pertinents. Les travaux de recherches qui seront réalisés en 2013 se concentreront sur les régions montagneuses centrales de la région de Venilale-Ossu et autour de Bobonaro présentant des formations karstiques, attractives pour l’établissement humain, ainsi que sur les zones côtières du sud. Un chantier de fouille est programmé dans un abri sous roche du village de Balibo.

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Abri sous roche, site archéologique de Balibo
©IRD/MNHN PALOC 2012

Dernière modification : 23/10/2012

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