Nacera Belaza danse en Indonésie

L’Institut français d’Indonésie présente, depuis 2005, un festival unique, le Printemps français en Indonésie, véritable panorama de la création contemporaine française dans les domaines des arts de la scène et des arts visuels. Dans le cadre de cette manifestation culturelle, Jakarta et Surabaya ont accueilli la compagnie "Nacera Belaza" les 6 et 9 juin 2012.


Le mot de l’ambassadeur de France en Indonésie

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"Cette année le festival revient avec plus 50 manifestations dans 11 villes d’Indonésie, avec une programmation plus riche et plus dense que celle des éditions précédentes, à la mesure des ambitions de l’Institut français d’Indonésie dont la mission première est de rendre accessible à tous, à travers tout l’archipel, l’excellence française dans tous les champs de la coopération entre la France et l’Indonésie."

Des danses tournées vers la rencontre

Abstraites et en lien profond avec une forme de spiritualité, les pièces de la chorégraphe algérienne Nacera Belaza cherchent à toucher l’âme. L’esprit de sa danse est d’emblée tourné vers la rencontre. Nacera Belaza, qui danse avec sa sœur Dalila Belaza, est venue en Indonésie avec deux spectacles coproduits par la Biennale de la Danse de Lyon et le Festival d’Avignon, événements majeurs pour la danse contemporaine dans le monde : "Le Temps scellé", créé à la Biennale de Lyon en 2010, et deux solos qui ont été présentés à Jakarta et à Surabaya en avant-première du Festival d’Avignon 2012.

Deux solos pour une performance artistique unique

L’écriture intimiste de Nacera Belaza peut sembler, au premier abord, difficile. Le premier solo (Dalila Belaza) est présenté dans un décor tendu de noir, une salle plongée dans le noir, une faible lumière qui éclaire les lents mouvements de la danseuse, et une musique presque inaudible au début, faite d’échos, de pas, de portes ouvertes ou fermées, de conversations chuchotées, qui s’amplifie jusqu’à devenir lancinante, jusqu’à remplir l’espace de "lumière" et renvoyer le mouvement de la danse, toujours aussi mesuré, au spectateur, muet d’effroi ou d’admiration devant cette performance d’artiste unique.

Quand la musique et la danse s’arrêtent, brutalement, le public reste silencieux, en attente du second solo (Nacera Belaza) qui nous entraîne, toujours dans une semi-obscurité, dans une danse obsédante, qui occupe une modeste partie de l’espace. Nacera Belaza devient derviche-tourneur, elle tourne et tourne sur elle-même, les bras légers et élégants accompagnant sans aucune brusquerie ce tourbillon enivrant, comme si la danseuse voulait faire passer et imprimer dans la mémoire du spectateur ce que la danse a de plus en commun avec l’abstraction et le pur esprit.

Réactions enthousiastes du public

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Nacera et Dalila Belaza dans "Le Temps scellé".

Dans un pays où la danse occupe une place primordiale dans la culture javanaise, avec des codes bien précis, des mouvements ancestraux et des couleurs chatoyantes, c’était un défi de présenter les créations de Nacera Belaza, une danse primaire, obscure, qui fouille au fond des yeux et de l’âme et qui dérange. Le public indonésien a accueilli avec beaucoup de surprise, d’abord, mais avec un véritable plaisir de la nouveauté ces magnifiques performances de deux artistes qui dansent avec leur corps, avec leurs entrailles et avec leur cœur. Les publics de Jakarta et de Surabaya ne s’y sont pas trompés, dans leur grande générosité à accueillir des formes d’expression différentes et originales.

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Dernière modification : 18/06/2012

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