Pharmagora, une vitrine pour la pharmacie française

Chaque jour, quatre millions de Français se rendent dans l’une des 23 000 pharmacies du pays pour une prescription médicale ou simplement pour un conseil. Un succès qui oblige le pharmacien à s’adapter constamment à un marché en évolution.

Les professionnels du secteur, pharmaciens, laboratoires, prestataires logistiques ou encore agenceurs, ont rendez-vous au 28ème salon Pharmagora, Porte de Versailles à Paris, du 6 au 8 avril.

PNG Si la plupart des exposants sont européens, 25% des visiteurs eux proviennent d’autres continents, notamment d’Afrique. En effet, nombreux sont les pharmaciens du Maghreb venus étudier en France avant de repartir exercer dans leur pays. Tous sont attirés par ce point de rencontre international instauré par les organisateurs du salon il y a trois ans. Les différents acteurs d’Europe et d’Afrique peuvent y échanger, négocier des contrats et surtout se rencontrer.

Parmi les exposants de cette édition, les groupes historiques ont bien sûr répondu à l’appel ; c’est le cas notamment du laboratoire de cosmétologie Pierre Fabre, présent à travers ses labels phares dans la dermo-cosmétique (Avène ou Ducray). Expansciences, que les mères de famille connaissent sous la marque Nustella, est lui aussi réputé dans le domaine de la dermatologie, mais également dans le secteur dentaire. « Pour notre groupe, ce salon est un évènement majeur qui nous ouvre des portes sur l’international, explique Thierry Pelizzon, directeur export chez Pierre Fabre. Il contribue ainsi à notre objectif de 70% de notre chiffre d’affaires à l’étranger d’ici à 2020 ».

Des exposants plus surprenants

A côté des métiers traditionnels de la pharmacie et de la pharmacologie, d’autres secteurs ont fait leur apparition sur le salon. C’est le cas du métier d’agenceur, représenté par exemple par les groupes Fahrenberger ou Mobil’M. « Ce métier a pris son envol avec la crise économique, qui a affecté l’industrie pharmaceutique à compter de 2010, selon l’organisateur du salon. Les agenceurs tentent d’optimiser au mieux la surface de l’officine, ou de trouver des solutions pour mieux gérer le fond de commerce ». D’autant plus que depuis quelques années, le marché s’accroit avec l’arrivée de médicaments génériques. Les références prescrites par les médecins et réclamées aux pharmaciens ne cessent donc de se multiplier.

« Bon nombre de pharmacies possèdent désormais des tapis roulants pour récupérer les médicaments, précise l’organisateur du salon. Cette méthode permet un gain de temps et d’espace considérable. Des solutions que viennent souvent chercher les pharmaciens sur notre salon ». Et dans le domaine de l’automatisation, les sociétés françaises comme Mecapharm sont très présentes.

Le monde de la pharmacie accueille aussi d’autres prestataires, comme les fabricants de distributeurs situés à l’extérieur des pharmacies, pour les préservatifs par exemple, ou encore les industriels de la signalétique pour la conception de la traditionnelle croix verte lumineuse.

Un métier en mutation

JPEG Ces nouveaux types d’exposants ne sont pas là par hasard. En effet, le métier de pharmacien est amené à évoluer dans les prochaines années. Comme d’autres secteurs d’activité, la crise économique a aussi affecté le secteur des officines, notamment du fait d’une contraction très forte du marché des médicaments.

En 2012, près de 150 officines ont fait faillite. Pour pallier cette difficulté et rendre les pharmaciens moins dépendants des fluctuations du marché, l’Etat et les professionnels du secteur ont cherché à diversifier les sources de revenus des pharmaciens, en leur permettant d’allier une rémunération sous forme d’honoraires à leur marge commerciale traditionnelle. Les pharmaciens sont désormais habilités à assurer de nouvelles fonctions, comme le dépistage du diabète ou le suivi des patients atteints de maladies chroniques. Face à la multiplication de leurs missions, les méthodes de travail des pharmaciens se modifient également. « Le salon doit leur permettre de faire évoluer leur commerce au même rythme que leur métier », selon l’organisateur du salon.

Les organisateurs de l’évènement attendent 20 000 visiteurs contre 18 000 en 2012. Ils misent aussi sur les réseaux sociaux et la télévision en ligne, Canal Phamagora, qu’ils ont développée pour approcher de plus en plus de professionnels.

Barbara Leblanc

Dernière modification : 21/05/2013

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