Printemps français à Surabaya : souvenirs de deux artistes à Rouen

En décembre 2011, l’artiste Agus Koecink est allé pour la seconde fois en France en résidence auprès du musée de Rouen, avec le soutien de l’Institut français et de l’Institut français de Surabaya. L’exposition présente ses œuvres inspirées de son séjour en France.

Il était une fois... Agus Koecink en France : deuxième épisode !

"Etre un étranger" d'Agus Koecink à Surabaya. - JPEG En décembre dernier, l’IFI Surabaya et le musée national de Rouen ont co-organisé, avec le soutien de l’Institut français, une deuxième résidence d’artiste avec Agus. Animation d’ateliers, rencontres et débats et surtout participation à la création d’une salle dédiée à l’Indonésie : les objectifs étaient de taille ! Comme promis, le peintre activiste de l’art surabayanais nous a rapporté ses « oleh-oleh »[La notion de "Oleh Oleh", tradition indonésienne, est de systématiquement offrir un présent à ses amis, aux membres de sa famille ou à ses collègues lorsqu’une personne revient d’un voyage. ] contemporains de son séjour en France et les a exposés dans la galerie AJBS en ouverture du « Printemps français à Surabaya », du 15 au 21 mai.

L’humble Agus Le Chat (« Koecink » veut dire "chat" en indonésien) a donc présenté « Paris & Moi » aux côtés de son épouse Jenny Lee, sculptrice, qui l’avait accompagné à Rouen : une double exposition pleine de surprises et reflétant à la perfection le mélange des cultures.

Partage culturel

Dans la continuité de sa première résidence au muséum de Rouen en décembre 2010, Agus Koecink, accompagné de son épouse la sculptrice Jenny Lee, a pleinement profité de son séjour dans la capitale normande en décembre 2011. L’artiste surabayanais a continué son travail de sélection et de datation des objets qui seront exposés dans la salle Asie–Pacifique qui sera inaugurée fin 2012. Inspiré par sa culture, Agus a été aussi chargé d’inventer et de dessiner le concept de cette salle.

"Les Femmes du Muséum de Rouen" d'Agus Koecink. - JPEG Le Muséum de Rouen a aussi organisé avec lui une série d’ateliers destinés à des jeunes orphelins, des jeunes adolescents hospitalisés et des mères de famille immigrées. A travers l’art traditionnel indonésien (fabrication de marionnettes et de tissus au batik), Agus a pu sensibiliser le public, des plus jeunes au moins jeunes, à la culture javanaise. Les marionnettes "wayang", jusque-là considérées comme un support efficace pour passer des messages éducatifs et des critiques sociales, sont devenues alors un réel outil de communication interculturel.

Le 15 mai, l’IFI Surabaya a inauguré l’exposition « Paris & Moi » avec Agus Koecink et Jenny Lee, une exposition romantique toute à leur image. Après quelques mots de l’artiste exprimant son attachement pour la ville de Rouen et les gens rencontrés au cours de son séjour, les lumières de la galerie se sont allumées, laissant place à un flot de couleurs.

Un couple soudé par l’art

"Instant amoureux" d'Agus Koecink. - JPEGNé sur l’île de Java en 1967, Agus Koecink a un parcours professionnel très riche. Autodidacte, il commence à travailler très tôt pour des bureaux d’études graphiques et à la télévision nationale (à Surabaya) comme "assistant designer". Puis il décide de reprendre ses études universitaires en 1994 à l’Ecole des Beaux-Arts de Surabaya, puis à la Faculté des Arts de l’Université de Solo, et enfin à celle de Jakarta. Il est aujourd’hui doyen de l’école des Beaux-Arts STKW, professeur d’arts plastiques à l’Université de Ciputra, commissaire d’exposition, rédacteur dans la prestigieuse revue Visual arts et directeur artistique de plusieurs festivals régionaux.

Née à Surabaya en 1976, Jenny Lee s’est formée à la Modern School of Design de Yogyakarta. Elle poursuit ensuite ses études à l’Institut "Seni Indonesia" (Yokyakarta), où elle se spécialise dans l’art de la céramique. Aujourd’hui sculptrice de renom, elle a notamment participé en 2011 à la Biennale de Jakarta au cours de laquelle ses sculptures ont été exposées à la "Galeri Nasional". En plus de son travail de création dans le studio qu’elle partage avec son mari, Jenny enseigne ses techniques à l’Ecole japonaise et intervient régulièrement à l’Université Ciputra comme experte.

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Dernière modification : 28/05/2012

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