Situation en Syrie (04.09.2013)

Ministère des Affaires étrangères et européennes


L’attaque chimique dont le bilan s’élève à environ 1500 morts dans la banlieue de Damas le 21 août a été précédée par deux autres attaques à la mi-avril à Jobar et le 29 avril à Saraqeb.

La Syrie n’a pas adhéré à la Convention pour l’Interdiction des Armes Chimiques (CIAC) de 1993 contrairement à 189 Etats dans le monde. Elle dispose d’un programme chimique depuis les années 1970. Son arsenal, constitué d’ypérite, de VX et de sarin, est évalué à plus de mille tonnes.

L’emploi de cet arsenal à travers des vecteurs dont la portée varie de 50 km à 500 kilomètres (voir document ci-joint) est confié à la Branche 450 du Centre d’Etudes et de Recherches Scientifiques syrien. Cette unité composée uniquement de militaires alaouites est placé sous le commandement du Président Bachar al Assad et quelques membres les plus influents de son clan.

L’analyse des renseignements dont disposent les autorités françaises permettent d’établir avec certitude que le régime syrien est seul responsable du massacre chimique commis le 21 août.

Au-delà de la condamnation d’une attaque effroyable contre des civils (les films amateurs montrent des scènes particulièrement atroces surtout s’agissant des enfants), la communauté internationale doit réagir. Nous estimons que cette attaque ne peut rester sans réponse car :

1. Si rien n’est fait pour répondre au massacre chimique, l’impunité dont bénéficiera Bachar al-Assad l’incitera fortement à récidiver, dès qu’il en éprouvera la nécessité, et à poursuivre son approche consistant à chercher à l’emporter par les armes.

2. En pareil cas, toute solution politique en Syrie serait impossible car le régime, comme l’opposition, refuseront de s’asseoir à la table de négociation.

3. Seule une réponse ferme sera susceptible de montrer au régime que la solution n’est pas "de liquider" l’opposition, comme l’a encore affirmé Bachar al-Assad à la presse le 2 septembre, et d’éviter une déstabilisation accrue de la région.

4. Si la communauté internationale ne réagit pas, nous enverrons le signal aux pays proliférants comme l’Iran et la Corée du Nord) qu’ils peuvent utiliser ou faire proliférer de telles armes en toute impunité.

Comme l’a dit le Président de la République, notre objectif n’est pas de renverser le régime syrien mais de lui envoyer un signal pour le remettre devant l’évidence de l’urgence des négociations. Ce signal doit rappeler le tabou universel sur les armes chimiques.

Le 2 septembre, les autorités françaises ont pris la décision de rendre publique une série de documents confidentiels. Vous trouverez ci-joint la synthèse de ces documents.

Dernière modification : 05/09/2013

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